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Cadre institutionnel
- Capitale du pays
Conakry
- Statut Régime
politique République de type présidentiel
- Chef de l'Etat
Le Président de la République est élu pour cinq
ans au suffrage universel direct. Il est à la fois Chef d'Etat
et Chef du Gouvernement
- Chef de l'exécutif
Le Président de la République est à la fois Chef
d'Etat et Chef du Gouvernement
- Pouvoir législatif
Assemblée nationale composée de 114 membres élus
au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans
- Organisation administrative
33 préfectures et 1 zone spéciale
- Cadre légal
Basé sur le système français et sur le droit coutumier
- Adhésion
à la Cour de justice internationale N'a pas accepté la
juridiction obligatoire de la Cour de Justice internationale
Indicateurs
économiques 2004
- PIB (produit intérieur
brut) en millions de dollars 3 900
- Taux de croissance
du PIB +2,6%
- Inflation des prix
à la consommation +16,4%
PIB par secteurs
- Agriculture 24,9%
- Industrie 36,7%
- Services 38,4%
Indicateurs socio-démographiques 2004
- Population (millions)
9,2
- Croissance annuelle
de la population +2,2%
- Illettrisme(% parmi
les personnes âgées de plus de 15 ans) 70,5%
- Pauvreté
(% de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté) 40%
- Population urbaine
35,7%
- Croissance annuelle
de la force travail 2,1%
D'une
superficie totale de 245 857 000 kilomètres carrés, la Guinée
comprend quatre régions : la Basse Guinée, ou Guinée
maritime ; la Moyenne Guinée, région centrale abritant notamment
la chaîne montagneuse du Fouta Djalon ; la Haute Guinée,
région de savanes ; et la Guinée Forestière dans
la partie sud-est du pays. Sa population s'établissait en 2005
à 9,5 millions d'habitants. Le pays a reçu jusqu'à
un demi-million de réfugiés venus des pays voisins durant
dix années de guerre civile. Sa capitale est Conakry, une métropole
de 1,8 million d'habitants.
Histoire
La population de la Guinée a évolué sur des milliers
d'années. C'est au Xe siècle de notre ère que les
implantations des groupes Soussou et Malinké dans la région
ont débuté, et que l'actuelle structure de la population
a pris forme. Les Peuhls (ou Fulanis, en anglais) se sont à leur
tour implantés au XVIIe siècle, amenant l'Islam avec eux
et repoussant les Soussou dans les zones littorales. Le territoire de
la Haute Guinée a successivement fait partie de l'Empire du Ghana
(Xe et XIe siècles), de l'Empire du Mali (jusqu'au XIVe siècle)
et de l'Empire Songhai (jusqu'au XIXe siècle). C'est au XIXe siècle
qu'a commencé la colonisation française.
Après la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs partis politiques
se sont mis en place, dont le Parti démocratique de Guinée
dirigé par Ahmed Sékou Touré. C'est ce parti qui
a mobilisé en 1958 un courant d'opinion pour voter contre le projet
de communauté française avancé par le régime
de Charles de Gaulle, et qui a ensuite déclaré l'indépendance,
amenant la France à se retirer complètement et à
cesser toute aide financière et autre en faveur de la Guinée.
Les autres pays occidentaux se sont eux aussi tenus à l'écart
de la Guinée qui, dans cette situation de relatif isolement, s'est
forgé une forte identité nationale et s'est engagée
dans un système de gestion socialiste. À la tête d'un
régime de parti unique, Sékou Touré a progressivement
établi des tendances dictatoriales. Il a survécu à
plusieurs tentatives de coup d'État et continué de diriger
le pays jusqu'à sa mort, en 1984.
Deux semaines après le décès de Sékou Touré,
l'armée a pris le pouvoir et instauré la deuxième
République de Guinée sous la direction de Lansana Conté.
Suite à une refonte complète de la constitution destinée
à refléter le passage à la démocratie et l'instauration
d'une économie de marché, des élections présidentielle
et parlementaire ont eu lieu à la fin de 1993 et Lansana Conté
a accédé à la présidence. Il a été
réélu en 1998 pour ce qui aurait dû être son
dernier mandat, mais la constitution a été amendée
par référendum en 2001 pour supprimer la limite des mandats
présidentiels, et il a été de nouveau élu
en décembre 2003 pour un troisième mandat de sept ans.
Économie
La
Guinée est dotée d'abondantes ressources naturelles, dont
50 % des réserves mondiales connues de bauxite, ainsi que des gisements
de diamants, d'or et d'autres métaux. Elle possède également
un important potentiel hydroélectrique. Si la bauxite et l'alumine
sont actuellement les deux principaux produits d'exportation, le Gouvernement
guinéen envisage d'encourager l'exploitation d'autres ressources
minières. Le secteur industriel est principalement axé sur
la transformation des produits agricoles et comprend notamment des unités
de production de bière, de jus de fruits et de boissons gazeuses,
ainsi que de transformation du tabac. La population est à 80 %
rurale, et 64 % des pauvres vivent en milieu rural. Les femmes jouent
un rôle prépondérant dans l'agriculture de subsistance,
puisqu'elles assurent à elles seules 80 % des cultures vivrières.
L'État encourage une économie de marché et est déterminé
à promouvoir l'investissement étranger.
Bien que le pays ait maintenu une situation de paix au plan interne depuis
son indépendance, les conflits intervenus dans les pays voisins
ont eu un impact négatif sur ses résultats économiques.
Ils ont en effet engendré des dépenses imprévues
en matière de défense et de sécurité, ainsi
que des coûts sociaux liés aux mesures nécessitées
par l'afflux de réfugiés. Conjugués à une
détérioration des termes de l'échange au début
de cette décennie, ces facteurs ont pesé sur l'équilibre
budgétaire du pays, qui pâtit en outre de l'inefficacité
de son administration fiscale et douanière et des carences affectant
la mise en uvre de sa politique monétaire.
Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé pour la
Guinée un programme au titre de la Facilité pour la réduction
de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) en mai 2001, et un
Document complet de stratégie pour la réduction de la pauvreté
(DSRP) a été approuvé par les Conseils de la Banque
et du FMI en juillet 2002. La conjugaison des pressions budgétaires
liées à la situation en matière de sécurité
et du manque de rigueur des politiques monétaires a porté
atteinte à la stabilité des prix et fait dérailler
en décembre 2002 le programme mené au titre de la FRPC.
Les problèmes de sécurité se sont poursuivis en 2003,
année d'élection présidentielle, et n'ont fait qu'aggraver
une situation macroéconomique déjà déficiente.
Au début de 2004, le gouvernement a adopté un programme
de relance économique qui s'imposait d'urgence pour renforcer l'administration
des finances publiques, améliorer la mobilisation des recettes,
réduire les exonérations fiscales et comprimer les dépenses
publiques. Mais s'il y a eu compression de certaines dépenses publiques,
cela s'est fait aux dépens d'importants programmes sociaux, ce
qui a déséquilibré davantage la ventilation globale
des dépenses publiques. Au total, ces mesures ont été
insuffisantes par rapport à ce qu'il fallait au pays pour sortir
de la crise. De ce fait, le taux d'inflation d'une année sur l'autre
s'est accéléré et la croissance du PIB réel
est resté poussive, bien inférieure à son niveau
potentiel et à ce dont le pays a besoin pour réduire la
pauvreté. Le gouvernement s'est à présent engagé
dans un nouveau processus de réforme de ses politiques qui bénéficie
de l'appui du FMI et des partenaires de développement de la Guinée.
Si ce processus est mené à bien, il permettra au pays de
rétablir la stabilité macroéconomique et d'établir
les bases voulues pour une croissance durable et une réduction
de la pauvreté.
Dans l'ensemble, la croissance enregistrée par l'économie
guinéenne depuis la fin des années est jugée inférieure
à son potentiel, surtout compte tenu des ressources naturelles
considérables dont est doté le pays. Par ailleurs, les indicateurs
sociaux de la Guinée soutiennent mal la comparaison avec ceux des
pays voisins, bien que des avancées non négligeables aient
été faites ces derniers temps sur le plan de l'éducation
primaire et de l'accès à l'eau salubre.
Situation politique
Depuis la chute du régime socialiste de Sékou Touré,
la Guinée a fait l'objet d'une profonde libéralisation politique,
qui a trouvé sa consécration dans la constitution approuvée
par référendum en décembre 1990, laquelle a ouvert
la voie à l'établissement d'un système pluraliste
en 1994 et à la tenue d'élections législatives en
1995. Mais l'emprisonnement ultérieur d'Alpha Condé, l'un
des principaux dirigeants de l'opposition, a été perçu
comme un retour en arrière et, bien que le dirigeant ait depuis
été libéré, les observateurs étrangers
de même que les groupes d'opposition du pays continuent d'affirmer
que le processus de démocratisation laisse encore à désirer.
Tous les partis d'opposition sauf un ont boycotté les élections
législatives de juillet 2002 pour exprimer leur mécontentement
quant à la tenue de ce scrutin. Les partenaires bilatéraux
de la Guinée ont eux aussi exprimé leurs préoccupations
vis-à-vis du référendum et des élections parlementaires,
pour ce qui concerne principalement le mandat et l'indépendance
de la commission électorale, la neutralité de la fonction
publique et l'accès des partis politiques aux médias. Les
élections locales de 2005 ont constitué un test important
pour l'amélioration du dispositif en place dans la perspective
des prochaines élections nationales, prévues en 2007.
Au milieu de 2004, le pays a été victime de troubles civils
provoqués par de graves pénuries d'électricité
et d'eau dans la capitale et les villes principales, auxquelles s'ajoutaient
des hausses des prix du carburant, des denrées alimentaires (le
riz principalement) et d'autres produits. Le maintien de l'inflation à
un niveau élevé en 2005 n'a fait qu'aggraver le problème,
débouchant au début de mars 2006 sur une grève générale
d'une semaine qui a pris fin d'une manière pacifique à la
faveur d'un accord négocié sur des augmentations de salaires
et d'autres concessions de la part du gouvernement.
Bien que les réfugiés de Sierra Leone et du Libéria
soient pour l'essentiel rentrés chez eux (beaucoup sont toutefois
restés en Guinée), la situation instable qui continue de
prévaloir en Côte d'Ivoire alimente de nouveau un afflux
de réfugiés dans le pays et vient s'ajouter aux problèmes
de sécurité qu'il connaît. L'examen des dossiers relatifs
à la sécurité et la coopération dans le contexte
de l'Union du fleuve Mano fait l'objet d'une étroite collaboration
entre les présidents des quatre pays concernés : Guinée,
Côte d'Ivoire, Libéria et Sierra Leone.
En décembre 2004, Cellou Dalein Diallo a été nommé
premier ministre de la Guinée, et beaucoup ont vu dans sa désignation
à la tête du gouvernement un geste majeur des hautes instances
du pays pour tenter de sortir celui-ci de sa situation difficile. De fait,
M. Diallo a pris un certain nombre d'initiatives destinées à
: i) rétablir le dialogue politique entre les autorités
et l'opposition, et à éclaircir ainsi le climat politique
; ii) rétablir la discipline budgétaire et l'orthodoxie
financière, tout en renforçant la gouvernance ; et iii)
instituer un dialogue social empreint de franchise avec les syndicats
et autres composantes de la société civile. Il a toutefois
été relevé de ses fonctions de premier ministre au
début d'avril 2006, et il reste à voir si cela signale un
retour en arrière sur les politiques de réforme. Le fait
est que le pays, sous l'administration de M. Diallo, a été
en mesure de poser les bases d'une croissance durable et d'un processus
de réforme.
Action des bailleurs de fonds
L'appui fourni par les bailleurs de fonds à la Guinée a
mis l'accent sur des apports de fonds destinés à reconstruire
ou développer l'infrastructure économique (l'effort étant
particulièrement concentré sur le développement rural),
et à améliorer les capacités de gestion de l'administration
publique. La France est l'un des principaux donateurs bilatéraux,
et les institutions de Bretton Woods apportent un appui considérable
au programme de redressement économique et de réforme de
la Guinée depuis 1986. L'Union européenne est elle aussi
très présente en Guinée, surtout dans le secteur
de l'infrastructure. Les autres bailleurs de fonds sont notamment la Banque
africaine de développement, le Programme des Nations Unies pour
le développement, la Banque islamique de développement,
les États-Unis, le Canada, l'Allemagne et le Japon.
Les organisations non gouvernementales (ONG) jouent un rôle important
dans la mise en uvre des projets en Guinée, et contribuent
à rendre ceux-ci moins tributaires de l'administration publique.
Leur participation a été particulièrement utile dans
les secteurs de l'agriculture, de l'éducation et de la santé,
et elles sont des organismes d'exécution essentiels dans le cadre
du Programme d'appui aux communautés villageoises, un programme
multisectoriel financé par la Banque depuis l'exercice 99 dans
le but de réduire la pauvreté dans les zones rurales et
d'y promouvoir un développement durable.
Banque mondiale
La Banque mondiale finance actuellement un portefeuille de six projets
représentant des engagements de 182 millions de dollars au total,
dont 113 millions de dollars restant à décaisser. Ces projets
se concentrent dans les domaines suivants : développement communautaire,
infrastructure rurale, éducation, santé et VIH/SIDA, électrification
rurale. Le Projet d'appui au secteur de la santé est le tout dernier
des projets financés par la Banque à figurer dans ce portefeuille,
mais il n'est pas encore entré en vigueur. La Banque compte par
ailleurs aider le pays à améliorer le rendement de ses services
d'électricité. À mesure que la situation du pays
s'améliore sur le plan macroéconomique et en termes de gouvernance,
les options de prêt se trouveront renforcées. La Banque en
est au stade initial du processus de révision de sa stratégie
d'aide pour la Guinée.
SFI
La SFI a actuellement un petit portefeuille d'investissements en Guinée,
pour un montant global de l'ordre de 4,6 millions de dollars, et ses activités
dans ce pays sont couvertes à partir d'Accra (Ghana), où
est basé son directeur des opérations. Les activités
en question se concentrent sur le secteur minier, la SFI ayant associé
ses efforts à ceux de la Banque mondiale pour aider le gouvernement
à remédier aux principaux problèmes de gouvernance
affectant ce secteur. Au cours de l'année écoulée,
le Gouvernement guinéen a pris des initiatives crédibles
en vue d'améliorer cette situation, tout particulièrement
au titre de sa participation à l'EITI (Initiative pour la transparence
des industries extractives), ainsi qu'en concluant des accords avec les
promoteurs de contrats d'exploitation essentiels. Il continuera, avec
l'appui du groupe de la Banque mondiale spécialisé dans
la politique minière, de s'attaquer aux problèmes de gouvernance
et de transparence en vue de permettre à la SFI d'apporter son
concours financier à divers projets en cours d'élaboration
dans le pays. La SFI a d'ores et déjà constitué une
réserve de projets prometteurs, et comptait présenter en
avril 2006 à son Conseil d'administration son premier projet d'investissement
en Guinée après une absence de huit années.
MIGA
Le portefeuille de la MIGA en Guinée comprend deux projets recouvrant
huit contrats de garantie dans le secteur manufacturier et l'agro-industrie,
représentant un engagement à la fois brut et net de 14,15
millions de dollars au total. La MIGA n'a pas d'autres projets en réserve
pour la Guinée pour le reste de l'exercice 06.

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